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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 21:35
Apprendre à gérer les différentes croyances et représentations, c'est un point très important à l'hôpital...

En service de maternité, une petite urgence avait eu lieu le matin même : un bébé venu au monde avait de gros problèmes respiratoires et avait dû être transféré dans l'hôpital équipé spécialement pour les nouveaux nés le plus proche. De ce fait, la maman restait chez nous, seule, fatiguée suite à la césarienne qu'elle venait de subir.

Après quelques jours qui lui ont permis de se "requinquer", on a pu recevoir du gynécologue l'autorisation de sortie temporaire pour cette femme. Toutes heureuses de pouvoir lui annoncer qu'on pourrait lui appeler une ambulance pour l'emmener voir son bébé, nous voici dans sa chambre, lui répétant les dires du Doc :
"ah mais de toute façon ma soeur va le voir tous les jours, je n'ai donc pas besoin d'y aller, ne vous inquiétez pas..."
... un peu surprises de cette réponse, on rebrousse chemin, en racontant au pédiatre cette petite histoire...

2ème tentative...

Le pédiatre y retourne, lui avouant que pour le bébé aussi il est important qu'il est la présence de sa mère auprès de lui :
"Ma soeur et moi élevons nos enfants ensemble... Je vous assure, ce n'est pas la peine de commander une ambulance, elle est auprès de lui..."

famille.jpgAprès une "mini" réunion informelle (dans la salle de soins) il nous avoua qu'il ne fallait pas insisté, ou la faire culpabiliser avec nos points de vue d'"occidentaux" car pour elle, tant que son bébé est entouré par sa famille, tout va pour le mieux. Et sa soeur avait aussi le rôle de mère au même titre qu'elle l'avait pour ses nièces et neveux... Ils formaient à eux tous une Grande Famille, certes moins "traditionnelle" mais tout le monde prenait soin de tout le monde, chacun avec un rôle défini...

Il a été je vous l'avoue difficile de concevoir qu'elle ne saute pas sur l'ocasion d'aller voir son bébé... Mais après tout...

nos représentations ne sont-elles pas celles qui seraient erronées?
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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 18:09
Ca fait quelque temps que j'ai envi de vous parler de mon "premier mort"... Mais comment l'amener? est-ce que c'est le bon moment?

Je crois qu'il n'y a jamais de bons moments pour parler de la mort...

0007_img_croix.gifSoins palliatifs de gériatrie... fin du mois de stage, il  ne me restait qu'une heure avant de dire le traditionnel "aurevoir et merci" à l'équipe. Je cherche mon infirmière référente, et on me dit qu'elle était entrain de s'occuper de Mme T., décédée ce matin, avant de la descendre à la morgue.
Je n'ai pas eu a trop réfléchir, je voulais affronter cette épreuve, de préparation d'une personne décédée, durant ce stage, et surtout avant de travailler, pour pouvoir mieux gérer cette situation quand je serais "responsable" d'un service, dans mon futur proche... 
30 secondes après, me voici devant la porte de sa chambre : je frappe, entrouvre la porte et demande à l'infirmière si je pouvais participer à cette préparation...
"oui, mais je veux du silence, on ne parle QUE d'elle..."

D'abord surprise par cette affirmation, j'en fus ensuite rassurée... nous n'allions pas "faire comme si" Mme T. n'était pas là, et raconter des banalités pour "faire comme si" ce que nous faisions était anodin.

Et ça ne l'était pas...

Tout d'abord une toilette, faite dans le plus grand respect, je continuais même à lui parler, bizarrement, et lui expliquer mes faits et gestes, comme si elle pouvait encore m'entendre. Je voulais lui prouver qu'on continuait à s'occuper d'elle dans la dignité qu'elle méritait, et non dans une ignorance insultante...
"Je vais vous laver l'autre jambe"...
Après cette toilette faite, l'infirmière me tendit une poche de vêtements, remplie par la tenue qu'elle devait porter, selon les voeux de sa famille : tailleur "du dimanche" avec chaussure vernis, boucles d'oreille en perle blanche...
Malgré cette aspect froid, ces joues creusées par la fatigue de ces derniers jours, Mme T. était magnifique...
" Ce tailleur vous va très bien, et vos boucles sont superbes!"
C'était plus fort que moi, il fallait que je lui parle... j'avais besoin qu'elle se sente en confiance une dernière fois, qu'elle sente que j'étais là, et que je continuais à m'occuper d'elle du mieux que je pouvais... Je continuais à la toucher, passer ma main sur la sienne, sur sa joue en essuyant sonange-mignon.jpg visage humide par le passage de mon gant...
Parfois je me rendais compte de cette "absurdité", lui parler ne servait sans doute à rien pour elle, et je regardais l'infirmère, qui n'avait pas du tout l'air choqué ou amusé par mon comportement. Plus tard, je lui expliquais que j'en avais eu besoin, et elle m'avoua que ça lui arrivait aussi. 
Les derniers soins m'ont un peu perturbés : du coton a été mis dans tous les orifices, et j'ai cru l'étouffer... pourquoi? Mme T. était silencieuse, posée et paraissait détendue, enfin, après ces derniers jours difficiles, avec des problèmes pour respirer qui ne cessaient d'accroitre.
Habillée dans son plus beau tailleur, les boucles pendues à ces oreilles, le drap monté jusque sous ses bras, enfin, elle allait pouvoir se reposer... pour l'éternité.

Bouleversant? non... Rassurant je dirais... La mort de cette femme m'a été présentée si humainement, avec tant de dignité et de respect jusqu'au moindre geste, que j'ai même trouvé ça beau...

Morte pour une vie sans souffrance...    

A noter qu'on m'a quand même laisser enfermée quelques secondes à la morgue, juste pour rigoler, histoire de décompresser.... hihihi, faut bien déconnecter après, pour pouvoir rentrer chez soi la tête plus légère!!
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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 19:53
Ne pas se fier aux apparences... 

Avant d'aller à mon stage de maternité, j'avais pour objectif d'assister à un accouchement, comme vous pouvez l'imaginer... Alors je me suis imaginé quelque chose d'à la fois beau et "rougeâtre", avec de la douleur, évidemment, mais aussi des yeux merveilleusement brillants d'une maman fatiguée... 

Maintenant... je vais vous raconter 2 dès accouchements que j'ai pu voir là bas... Alors bien sur et je le répète, ce blog, c'est la réalité, mais des cas extrèmes, évidemment, qui ont donc retenu mon attention, d'où le titre "anecdotes d'une étudiante infirmière"... Et évidemment encore, la plupart des accouchements se passent comme je l'avais imaginé avant l'entrée dans ces salles de travail...

Donc, maintenant que les choses sont clairs...

EPISODE 1

Cet après-midi là, on recevait une femme venue accoucher en césarienne, et après une petite négociation avec le chirurgien, j'ai pu les rejoindre au bloc. Entrée en blouse bleue charlotte, sur-chaussure et compagnie... Cette dame, je la connaissais, car elle avait quelques problèmes de santé qui ont fait qu'elle a du devenir une "habituée" du service, malheureusement... 

le_bloc.jpgDu coup, j'étais là, moi, pour la rassurer, car elle ne voyait pas le bas de son corps, caché par un drap maintenu entre sa tête et le bas de son corps... Elle paniquait forcément... Et elle a reconnu mes yeux, et m'a demandé de commenté ce que je voyais, pour l'aider à savoir où on en était de l'opération... 

Ainsi je lui tenais la main, et lui racontais des petits bouts de ce que je voyais...
"on commence à ouvrir..."
"ça saigne??"
"non pas du tout, je vous assure!"
"ça y est on est dans l'utérus... la poche est ouverte... le chirurgien plonge sa main pour attraper votre bébé... oh, il est là!!! il est beau!!! "

Et le chirurgien montra le bébé au delà du "paravent" pour qu'elle puisse voir à quoi son p'tit bout ressemblait... il était magnifique, un peu dodu, qui faisait de lui un "bon" bébé... la maman avait les larmes aux yeux... voulait tellement le toucher et le prendre, et on lui promis qu'elle le ferait bientôt... 

Ce qui me surpris, c'était que je m'attendais à voir du sang, alors que non, tous les vaisseaux étaient cautérisés au fur et à mesure, et j'ai du voir 2 gouttes de sang... mais la magie avec laquelle ce gros bidon cachait un bébé aussi mignon.. et la façon d'aller le chercher était extraordinaire, la nature est vraiment bien faite...

EPISODE 2

A l'arrivée de cette femme, l'équipe était déjà très surprise par son parcours... vie sociale très marginale... (ami en prison, 7 enfants et 3 pères différents... quelques uns en foyer... et j'en passe...). Bref, la vie de cette femme était remplie de chamboulement, et de drames. 
A son accouchement, je peux vous dire que le "chemin" était frayé... l'installation a été bien longue, mais l'"expédition" s'est faite en 5 min sans exagérer... 

Ce qui me choqua, c'est la question qu'à poser cette dame juste avant le début du travail : accouchement_sepia.jpg
"A quelle heure arrive le plateau repas? j'aimerais ne pas le rater, et qu'elle sorte à temps
pour que je puisse manger tranquillement.. Qu'est-ce que j'ai faim!!!"

Manque de recul sur sa situation? Habitudes? surtout ne pas juger... 

Cet accouchement "normal" devait être beau... mais la poésie a fait place à une certaine ignorance... ce bébé était le 8ème... et dans le contexte de vie de cette dame, je crois qu'elle n'avait pas le temps d'apprécier le bonheur qui était entrain de se réaliser... 



Chaque moment est beau si on le décide... ???
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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 19:54
Marre d'entendre toujours les mêmes clichés depuis bientôt 3 ans...

D'abord, tentez de taper "infirmière" dans n'importe quel site moteur de recherche d'images, et vous verrez tohu-bohu-infirmiere.jpgdes tops models en blouse ouverte très sexy, mais rendez vous bien compte qu'aujourd'hui rares sont les infirmières en blouse, déjà, la plupart étant en "pyjama" bien moins glamour, sorte de tunique diforme par dessus un pantalon tout aussi large...

Pourtant...

Oui, pourtant, encore un bien grand nombre de patients de sexe masculin pour ne pas les citer, :D, pense que parce qu'on est infirmière : 
- on ne porte rien en dessous de nos tenues,
- on rigole forcément aux blagues ayant pour thème le dessous de ceinture,
- on apprécie apparemment toutes tentatives maladroites de séduction,
- on est donc aussi forcément célibataire... :D

Pour anecdote, je me souviens d'un jeune patient venu se faire rééduquer le genou suite à une opération des ligaments croisés, oui, c'était un grand sportif... très timide, et maladroit... 
Et il faut savoir que la timidité peut révéler des provocations inatendues, car très très inapropriées : 
pour l'entrée de cet homme, j'allais recueillir les petites informations qui paraissent parfois indiscrètes (vous travaillez? vous vivez seul? quels sont vos loisirs?)...
A la fin de l'entretien, qui je dois vous l'avouer s'est déroulé avec moi debout dans la chambre et lui étendu sur son lit en boxer blanc les mains derrière la tête, il me demanda
- "Et j'espère que vous serez gentille avec moi ici???"
Après un sourire qui ne résista pas à sortir, montrant mon étonnement, je ne pu que répondre un "et bien on est pas méchante" qui conclua cet entretien très étrange... 
Par la suite il tenta d'autres conversations toujours dans ce boxer d'ailleurs, quand je travaillais de nuit, préparant des piluliers avec l'infimière qui ne pouvait s'empêcher de faire la clown de l'autre côté de la pièce où je me trouvais et où lui ne pouvait la voir...
Autant vous dire que toute l'équipe était très amusée par ce jeune homme qui comme vous pouvez l'imaginer ne s'arrêtait pas qu'à moi, mais tentait ses chances avec quasiment toutes les filles de l'équipe!!

Autre cliché qui commence à m'agacer sérieusement par contre... car le précédent peut être marrant, à petites doses certes!

25.jpgCombien de personnes pensent encore de nos jours qu'une infirmère ne fait que des piqûres, et entre deux pauses cafés, évidemment?
Si aujourd'hui il y a une si grand pénurie d'infirmères... ne peuvent-ils pas penser que ce job est un brin plus complexe qu'enfoncer une aiguille dans un bout de peau?
Il faut vraiment considérer l'infirmière comme une aide directe au médecin, et nos compétences ne font qu'évoluer!! Poser de sondes urniaires, des cathéters périphériques, enlever des drains de redon, réaliser des aspirations bronchiques, et j'en passe, et ce n'est que le côté purement technique... 
Autant vous dire que j'ai pu me muscler les cuisses durant mes stages!! Alors imaginer les infirmières qui le font au quotidien!

Cliché, stéréotype... STOP !!!
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 21:11
    Pendant l'été de ma première année de stage, j'ai pu aller en centre psychiatrique pour des jeunes sévèrement retardés, avec des déficiences auditives réelles...

Un matin, j'étais dans la pièce centrale, la "pièce de vie" comme aimaient l'appeler les éducateurs. Les soins du matin étaient faits, et l'infirmière remplissait quelques papiers, donc j'en profitais pour aller voir les jeunes, et faire quelques activités avec eux.

Je m'approche donc d'un jeune d'environ 25 ans, qui était assis sur un des canapés de cette salle. J'allais pour m'asseoir sur le canapé collé  au sien : mais par réflexe maniaque mal placé, je me suis mise à retaper les coussins du canapé...

Erreure fatale...

Ou qui aurait pu le devenir! Ce jeune homme robuste avait effectivement quelques TOC (troubles obsessionnels compulsifs) et ne pouvant s'exprimer comme un individu normalement doté de la parole, il me montra son désaccord dans le remaniement des coussins en m'empoignant par le poignet avec une force que j'avais il est vrai sous estimée!!

A noter qu'en me racontant des anecdotes passées sur les résidants de ce centre, les éducateurs m'avaient prévenus que ce jeune home commençait toujours par empoigner le poignet ou le bras et finissait par monter ses mains jusqu'au cou...

Sa main sur mon poignet, je me souviens avec quelle énergie j'essayais de me rappeler mes cours théoriques qui ne faisaient que dire "gardez votre calme face à de l'agressivité"...
J'ai tenté du mieux que j'ai pu de ne pas montrer ma peur... et aussi j'ai balayé expréssement la pièce à la recherche d'une aide masculine ...

OUF!

design_lil-karate-white.JPGL'éducateur n'était pas loin... L'éducateur avec un grand E, professeur d'arts martiaux à ces heures perdues...
En deux temps trois mouvements, le jeune était maitrisé, mon poignet rosé était libéré, et mon cou intact ;)

Par la suite j'appris à ne jamais tourner le dos à des patients comme eux, ne jamais m'isoler dans un coin, et toujours me tenir entre la porte de la chambre et le patient... pour ne pas se laisser coincer...
Autant de petits conseils très utiles, croyez moi ;)
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 19:31
003.gifLa toute première année d'école m'a permis de voir que ce métier, qui pour moi n'était pas forcément une véritable vocation (oui, bon, petite, alors que mes copines rêvaient d'être maîtresse d'école, je voulais être dentiste ! ), était en fait bien plus qu'un simple job d'éxécutant, selon tous les clichés circulants depuis des années et des années...

Je me suis vu accompagnée des personnes dans des moments difficiles, et créer des liens avec eux  qui me comblaient de reconnaissance.  Il est vrai que j'adore travailler avec les personnes âgées, du fait qu'avec elles, soit on est leur "rayon de soleil" soit il ne vaut mieux pas croiser leur chemin... Mais quand ils nous apprécient, on peut être sûr de le savoir...
Je ne veux pas dire par là que j'aime ce métier que pour ça, bien évidemment, mais la satisfaction d'avoir pu apporter un petit brin de gaieté pour des gens souffrant de maladies plus ou moins graves est une sensation de bien-être que je n'avais pas connu auparavant...

Tenez, je vais vous raconter la première fois où je me suis dit "j'adore ce métier" :
J'allais comme tous les matins amener des personnes âgées, qui étaient dans mon service pour de la rééducation après les fréquentes "fracture du col du fémur", dans la salle à manger en bas de l'établissement. Ce jour là je conduisais un monsieur en fauteuil roulant plutôt dépressif dans les longs couloirs, et j'essayais de le "faire parler" avec des questions sur ses dernières visites, quand j'ai vu un autre monsieur en fauteuil qui lui était seul pour avancer, un monsieur qui lui débordaitgwil40115.jpg de joie de vivre. J'accélère alors le pas, me disant d'ailleurs que j'aurais presque pu faire de la marche à pied de haut niveau, et dépasse le monsieur en fauteuil qui se débrouillait tout seul...
Un petit "Héhé!! on fait la course??" à commencer à faire sourire mon patient d'habitude plutôt tristounet sur son fauteuil... Sachant que l'autre monsieur allait forcément rire et me suivre dans cette petite plaisanterie, nous voici tous les 3 partis pour une petite course à basse vitesse rassurez vous, dans ce long couloir...

Ce petit évènement qui était pour moi tout à fait anodin, m'a simplement permis d'entendre le soir même un "merci mademoiselle de m'avoir accompagner ce midi, j'espère que ce sera vous demain!"
Cette petite phrase était un peu porteuse d'espoir... ? en tout cas, je me suis sentie utile, bien plus que par les soins que je réalisais chaque jour pour ce monsieur, avec qui le reste du stage se passa avec une complicité particulière...

Quelque part, je l'avais un peu soigné...?
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 17:59
Je crois que le plus frappant dans cette formation de 3 ans et demi (et oui, que bac+2 pourtant!) , c'est  les épisodes de stage...
Hospital.jpg Je me souviens encore de mon tout premier stage : mal dormi toute la nuit  précédente, par une certaine appréhension de ce qui pouvait m'attendre, j'arrivais très tôt et me présentais dans ce service de cardiologie où déjà les infirmières avaient l'air surmenées... 
Et comment ne pas avoir la sensation que moi, étudiante pour un tout premier stage, allais être un véritable "boulet" pour tous le personnel?
Pas d'inquiétudes, on me le confirma rapidement : "Va donc voir les aides soignantes, tu pourras sans doute leur servir!"

Non, ne pas se décourager, c'est normal après tout!! Mais je ne m'attendais pas à être accueilllie dans une sorte d'usine où les stagiaires ne pouvaient être utiles (en première année d'étude en tout cas!) qu'à amener des patients en radiologie, ou encore aller chercher des résultats d'examens dans un service à l'autre bout de l'établissement... une sorte de factrice médicale ;)

    Au tout début, ce premier stage ne m'a pas vraiment permis de voir les patients, où en tout cas de me sentir utile pour eux... je les lavais, oui, mais je ne réalisais pas encore mon rôle, pour eux. La plupart étaient grabataires, et je n'arrivais pas encore à prendre assez de recul pour voir que la jambe que je soulevais pour passer un gant savonneux, ou l'homme que je tournais sur le côté pour atteindre son dos, étaient des personnes.

clipart5.jpg Pour tout avouer... avec il est vrai un peu de honte, je me suis vu fière et heureuse au bout de 4 semaines de stage dans ce service, de faire ma toute première piqûre... sur un homme qui allait décéder le lendemain.
Me laisser faire une piqûre me parraissait être digne de confiance, ou une sorte de récompense pour ce stage où j'ai pu m'intégrer auprès des aides soignantes... et c'était sans doute cela, mais me laisser le faire sur une personne en fin de vie... était-ce pour me rassurer?? pour me soulager, sachant qu'il ne réagirait pas?

Et ce n'était que le premier stage...
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 17:43
    Qui n'a jamais mis les pieds dans un hôpital ? Qui ne s'est jamais demandé ce que font ces femmes en blanc entre deux visites dans la chambre?

016.gif
    A travers ce blog, j'essaierai de vous montrer mes toutes premières expériences en établissements hospitaliers, mes premières craintes, remises en question, et anecdotes croustillantes qui font de chacun de mes stages des lieux de rencontres inoubliables.

    Moi, 21 ans, étudiante dans une école d'nfirmières, vais tenter de vous faire rentrer dans les coulisses très privées du monde blanc de l'hôpital...
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Profil

  • IDEtresse
  • Etudiante infirmière, 22 ans, qui a parcouru tant de lieux de stage différents qu'il en ressort forcément des anecdotes mémorables!
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